Texts/Publications

Statement

What is the border between imagination and an assumed « reality »? I am interested by sceneries and objects, visible or invisible in a theater play of a social existence. Those very ones which are constraining the bodies, or are materialisations and representations of the powers.

The different process and made choices are sometimes absurd, but carefully and systematically applied. I am traversing landscape’s spaces, in bicycle or on foot, collecting images, isolating or putting closer antinomic elements.

My work exposes the world’s absurdity, it is polymorphic and pluridisciplinary, expanding from individual body to collective landscape. My images and installations are questioning codes of representation, normality and standardity.
The meaning of each element never stops to turn over and to open onto new lectures. The ensemble forms, however possible coherencies, strangers, plentiful and colored.


Quelle est la frontière entre l’imagination et une supposée « réalité » ? Je m’intéresse aux décors et objets, visibles ou invisible dans le jeu du théâtre de l’existence sociale. Ceux la même qui contraignent les corps, ou sont des matérialisations et représentations des pouvoirs.


Les différents processus et choix effectués sont souvent absurdes mais mis en oeuvre avec sérieux et de façon systématique. Je sillonne l’espace du paysage en vélo ou en marchant, collecte des images, isolant ou rapprochant différents éléments antinomiques.


Ce travail se confronte à l’absurdité du monde, il est polymorphe et pluridisciplinaire, s’étendant du corps individuel au paysage collectif. Mes images et installations questionnent les codes de représentations, la norme et le standard. Le sens de chaque élément ne cesse de se retourner et de s’ouvrir à de nouvelles lectures. L’ensemble forme pourtant de possibles cohérences, étranges, abondantes et colorées.

Les jeunes ont du talent

La lettre hebdomadaire de Jean-Luc Chalumeau
éditorial du 18-12-2009

Oui, les jeunes ont du talent quand il s’agit de choisir de bons artistes : c’est le cas des étudiants de l’ICART qui, pour le prix annuel de leur école, ont sélectionné dix plasticiens parmi plus de deux cents candidatures ayant répondu à leur appel sur internet. C’est aussi le cas de ces artistes, tous nés au début des années 80, tous ayant intelligemment réfléchi à la place de l’art dans la société actuelle, qui proposent des options variées et originales. La lauréate, cette année, s’appelle Julie Chovin, elle est sortie en 2006 de l’Ecole Supérieure d’Art et de Design de Saint-Etienne. Elle invente des objets improbables qu’elle peint à l’aquarelle et à la gouache sur papier de grand format depuis 2005. La série est baptisée Objects. « Ce sont de grands objets aux formes étranges, dit-elle, en plastique translucide et en métal, sur fond blanc. Le jeu est dans cette question : que signifie ce que ce que nous voyons ici ? » Nous voyons bien que c’est impeccablement peint (d’après photo), mais quant à la fonction de ces très grands objets, nous sommes perdus. « Machines à plaisir », comme le suggère l’artiste, ou instruments de torture ?. Un peu les deux, sans doute. Si l’ambiguïté est une donnée ontologique de l’art, voici une authentique artiste, plus proche de l’univers futuriste, ironique et cruel, du cinéaste David Cronenberg que de celui des peintres pop des années 60. Julie Chovin n’est guère tournée vers le passé : avec ses improbables prothèses sexuelles (pour le prix Icart, elle présentait des « pinces à tétons » de 1 m 50 de hauteur, produisant un changement d’ échelle perturbateur). Elle opte pour une investigation décomplexée d’un art de demain qu’elle contribue bel et bien à inventer sous nos yeux. Une artiste à suivre (son prix consiste en une exposition personnelle à la galerie RX à Paris, en janvier 2010, qu’il ne faudra pas manquer).
J.-L. C.
http://www.visuelimage.com

Vu sur Artistik Rézo :
Julie Chovin lauréate prix Icart 2009

Plasticienne dont la pratique d’origine est le dessin, Julie Chovin est une artiste qui joue sur les ambiguïtés des images, leurs doubles sens ou leurs mystères. Son travail protéiforme relève plus du fantasmatique que d’un empirisme. Le corps contraint ou objet, l’ironie aigre-douce, cruelle, entre plaisir et souffrance, les changements d’échelles et basculements, les contes de fées, sont des éléments de cet univers. Lauréate du Prix Icart 2009, Julie Chovin exposera ses oeuvres à partir du 6 janvier 2010 à la Galerie RX.
Certains travaux de Julie Chovin témoignent de préoccupations qui ont attrait au corps, à son image médiatisée, à la question du regardeur, comme les deux séries photographiques Smiles et Empreintes. Détournant les principes iconographiques et idéologiques publicitaires pour questionner l’esthétique féminine modélisée, l’artiste nous parle des femmes corps-objet, soumises à des contraintes physiques : visages défigurés par les sourires forcés, chair mécanique, corps-machine aux identités interchangeables.
Sortie de l’Ecole Supérieure d’Art et de Design de Saint-Étienne en 2006, Julie Chovin a participé au festival Photo et Légende à Pantin en 2007, suivie d’une exposition personnelle au Pavillon à Pantin. Durant une résidence à la Générale en manufacture à Sèvres, en 2009, elle produit la série Objects 2.0, deux de ces peintures ont été montrées à l’automne dernier à la Cité du Design de Saint-Étienne, à l’occasion de l’exposition « Who’s afraid of design ? ».

Published on « Architectures A VIVRE« , Number 51, November/December 2009 :

Architecture à VIVRE