American Landscape


«It was stranger than Paradise. I got the measure of emptiness.


I have seen sixty-six buffalos
when I was looking for the traces of the Dust Bowl.
On the road, accompanied by some easy riders,
I filled the tank into thirty-six gasoline stations.


From Paris to Texas, through American surfaces I photographed
man-altered landscape. There are no small journeys,
they are all worth to capture in a road trip journal.


Between the dog and the wolf, I was feeling out of the ordinary.
Lit from the night window from a hotel room, I was
watching the wild flowers and mapped a survey of the metropolitan area.


I wanted to learn from Las Vegas, watching
neon signs by day and night, and became the witness number one.
I traveled with mystery trains. I slept in
some Los- Angeles apartments,
had a swim in nine pools and broke a glass.
Beach cities where everyone seemed to be on a permanent vacation.
I walked along every building on the Sunset Strip.
During night walks,
I lit some small fires and extinguished them with milk.


I heard the leaves and loved the light.
It was the perfect time, the perfect place
and it offered me a shimmer of possibility. »
Julie Chovin, 2016.


« C’était plus étrange que le paradis. J’ai mesuré le vide.


J’ai vu soixante-six bisons,
quand je cherchais des traces du Dust Bowl.
Sur la route, accompagné de motards tranquilles,
j’ai fait le plein d’essence dans trente-six stations-service.


De Paris au Texas, à travers les surfaces américaines, j’ai photographié
des paysages altérés par l’homme. Il n’y a pas de petits voyages,
ils méritent tous de capturer un journal de road trip.


Entre chien et loup, je me sentais en dehors de l’ordinaire.
Éclairé par la fenêtre d’une chambre d’hôtel, j’observais
les fleurs sauvages et traçais le plan d’un site métropolitain.


Je voulais apprendre de Las-Vegas, observer
les signes en néon de jour et de nuit, devenir témoin numéro un.
J’ai voyagé avec des trains mystères. J’ai dormi dans
des appartements de Los Angeles,
nagé dans neuf piscines et cassé un verre.
Des villes plages, où tout le monde semble être en vacances permanentes.
J’ai erré le long des bâtiments de Sunset Strip.
Pendant des marches nocturnes,
j’ai allumé neuf petits feux et les ai éteints avec du lait.


J’ai entendu les feuilles et aimé la lumière.
C’était le moment parfait, l’endroit parfait
et cela m’a offert un scintillement de possibilité. ».
Julie Chovin, 2016.


All the pictures of American Landscape have something from what we imagine from the United States of America, with their scales, matters, light or perspective. But some of these specificities are missing and create a subtle doubt about the landscape’s origins.

They are a fictional journey across a country where I have never been.

They are analysing and deconstructing the language and imaginary from the American landscape photography and cinema. They are references to the American myth, to the desire of space and hope for a better life.

« In a world where signs are everywhere, references have become self-references. To photograph, even a western landscape, is not only to make use of some form of intertextuality, whether consciously or not. It is also to make intertextuality the very object of the work. In other words it means to start from a referent which is not the place but its images. »
« This hyper-localisation (the attempt at fully grounding the images in a real-world physical reality), eventually leads to a paradox. It produces simultaneously the unexpected presence of the gaze and an absence—that of the place, which now seems interchangeable (its becomes « everywhere »), as if the presence (now, here) had itself become an absence (nowhere). Would the West then be in the eyes of the beholder? »
Jean Kempf, professor of American studies at the Université Lyon 2. From « the American West, a photographic landscape in re-readings ».

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Les images d’American Landscape ont toutes quelque chose de ce que l’on imagine des Etat-Unis d’Amérique, dans leur échelle, matières, lumières ou perspective. Mais certaines de ces spécificités sont absentes et créent un léger doute sur l’origine du paysage.


Elles sont un voyage fictionnel à travers un pays où je ne me suis jamais rendue.
Elles analysent et déconstruisent le langage et l’imaginaire de la photographie de paysage et du cinéma américains. Elles sont des références au mythe américain, au désir d’espace, et à l’espoir d’une vie meilleure.


« Dans un monde du signe les références sont désormais auto-référentielles. Photographier, même un paysage de l’Ouest, ce n’est pas seulement mettre en oeuvre, consciemment ou non une intertextualité, c’est aussi faire de l’intertextualité la matière de l’oeuvre, c’est-à- dire partir d’un référent qui n’est plus le site mais ses images. »


« Cette hyper-localisation (c’est-à-dire ce mouvement qui vise à référentialiser totalement les images, à les ancrer dans une réalité physique externe), conduit en dernier ressort à un paradoxe : elle figure à la fois une présence insoupçonnée celle du regard et une absence celle du lieu, tant celui-ci paraît interchangeable (un everywhere), comme si une présence (now, here) était devenue une absence (nowhere). Would the West be in the eyes of the beholder? »


Jean Kempf, professeur de civilisation américaine à l’Université Lyon II. Extraits de « L’Ouest américain, un paysage photographique en relectures » originalement publié dans la revue Westways, 1993, Les Mythes de l’Ouest américain, visions et révisions, pp.29-48.

Exposition chez VOLUME, Paris, en février 2016 :
Exhibition at VOLUME, Paris, in February 2016 :

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